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4. Un comportement critique singulier
 

4-a- Les "divagations" du saut de la chaleur spécifique

Nos mesures calorimétriques ont révélé une série de comportements inattendus le long de la ligne de transition séparant le métal des phases magnétiques:

-1- Le saut de chaleur spécifique à la transition métal normal-ODSIC, à bas champ magnétique, est comparable à la valeur prédite par le modèle BCS de la supraconduction (couplage faible), alors qu'à fort champ le saut s'envole vers un couplage très fort (au delà du plomb) (Fig. 1).

FIG. 1. Chaleur spécifique électronique Cel/T présentée en fonction de la température, pour deux champs : 5,75 et 10 teslas. La ligne tiretée horizontale correspond à la valeur g  de l'état normal.
Noter l'allure BCS de la transition métal-ODSIC à bas-champ
(DC/g Tc~1.4), et le violent écart au comportement BCS à fort champ (DC/g Tc~5.7) [publi 10].

-2- Le saut à la transition oscille le long des phases ODSIC quantifiées (Fig. 2). Ce résultat a suscité un calcul théorique dans le cadre du modèle d'emboîtement quantifié [1]. À fort champ, le saut grimpe à une valeur "couplage fort" qui n'est en revanche PAS expliquée par les modèles théoriques.

FIG. 2. Le saut de la chaleur spécifique à la transition oscille ("saute") à chaque transition ODSIC (flèches) [publi 10]. L'amplitude du "saut du saut" reste modérée dans la zone bas champ (où le saut DC/g Tc se situe autour de la valeur BCS). Mais le dernier saut est de très forte amplitude, vers 9 teslas ("saut du saut du saut"). Il correspond à la transition "couplage fort" de la Fig. 1.

 

[1] G. Montambaux, J. Phys. C20, L-327 (1987).

4-b- Investigations simultanées de la chaleur spécifique
et de la conduction thermique

 

-3- Nos mesures simultanées de la chaleur spécifique et de la conductibilité thermique ont apporté des renseignements spectaculaires à propos de ces phénomènes critiques. La chaleur spécifique à champ fixe indique la présence de deux transitions successives. On traverse ainsi deux lignes de transition (Fig. 3). La conductibilité thermique montre curieusement qu'une seule des deux donne lieu à une anomalie notable: la plus basse en température. Cette différence de criticité n'est pas expliquée.

FIG. 3. Lorsque l'on traverse deux lignes à champ fixe (ici à B=7T), Cp montre deux sauts (que l'on peut déconvoluer), alors que la conductibilité thermique selon l'axe c* n'indique qu'une seule anomalie (flèches verticales) [publi 15].

-4- À fort champ, près du saut "couplage fort", on assiste encore à d'autres phénomènes: deux sauts de chaleur spécifique de même amplitude peuvent donner des anomalies de conductibilité très différentes, alors qu'à l'inverse deux sauts très différents peuvent donner lieu à des anomalies de même amplitude [publi 21]. L'effet magnétocalorique (voir plus loin) donne lieu dans la même zone de champ à un comportement irréversible à cet endroit, alors que l'effet est réversible au passage des transitions de phase bas champ [publi 8].

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Conducteurs organiques (4/8)