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Remise de la médaille de bronze du CNRS 2001 à Sophie Guéron


Remise de la médaille de bronze du CNRS 2001 à Sophie Guéron

19 février 2002

S.Gueron - Med1

La médaille de bronze 2001 a été remise à Sophie Guéron par Monsieur Alain Fontaine, Directeur scientifique adjoint du Département Sciences Physiques et Mathématiques du CNRS, en présence de Jean-Paul Pouget, directeur du Laboratoire de Physique des Solides d’Orsay, de représentants de l’université Paris-Sud et de l’ensemble des personnels du Laboratoire.

Sophie Guéron a réalisé son travail de thèse dans le groupe "quantronique" au SPEC du CEA-Saclay où elle a apporté une contribution fondamentale à la physique mésoscopique en réalisant les premières expériences permettant de déterminer la fonction de distribution en énergie des électrons dans un système mésoscopique. Par ailleurs une grande partie de son travail a été consacré à la physique de l’effet de proximité entre un métal normal et un métal supraconducteur étudié aux échelles mésoscopiques. Ce travail a permis de comprendre comment l’anomalie BCS de densité d’états, qui caractérise l’état supraconducteur, se trouve modifiée de part et d’autre de l’interface normal-supraconducteur en établissant un lien étroit entre les échelles d’énergie et de longueur. Les résultats de ces expériences passionnent encore la communauté des physiciens "mésoscopistes".

Au cours de son séjour postdoctoral à l’Université de Cornell aux USA Sophie Guéron a réalisé des expériences tout à fait originales de blocage de Coulomb sur des nano-particules métalliques en explorant particulièrement l’influence des corrélations ferromagnétiques dans la particule. Les résultats obtenus ont permis d’avoir accès au spectre d’excitation des états électroniques de la nanoparticule ainsi que de sa dépendance en champ magnétique. C’était la première fois que ce type d’étude était réalisé sur des particules magnétiques.

Ces différents travaux ont permis à Sophie Guéron d’acquérir une formation extrêmement complète et variée quant à l’ensemble des techniques expérimentales et des concepts mis en jeu dans le domaine de la physique méoscopique. Ils lui ont donné la capacité à les utiliser avec brio dans d’autres systèmes relevant plus de la nanophysique comme le montrent les résultats récents décrits ci-dessous.

Depuis son arrivée au Laboratoire de Physique des Solides de l’Université Paris-Sud (décembre 99), Sophie Guéron s’est attaquée au problème de la conduction électrique dans les nanotubes de carbone à très basse température où elle a participé à la découverte de la supraconductivité dans ces systèmes, résultat qui était loin d’être anticipé. Ses connaissances en supraconductivité mésoscopique lui ont permis de jouer un rôle essentiel dans la compréhension de ces expériences où l’observation de supraconductivité dans un système unidimensionnel soulève un grand nombre de questions nouvelles pour la discipline.

Elle a aussi contribué à l’étude du transport électrique dans des molécules d’ADN avec l’observation d’une supraconductivité de proximité. Ces dernières expériences en révélant l’existence d’un transport électronique cohérent dans ces molécules biologiques offrent là aussi des perspectives passionnantes.