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Louis TAILLEFER - Université de Sherbrooke

La nature des fluctuations supraconductrices dans les cuprates


Je vais présenter une étude exhaustive de l’effet Nernst dans le cuprate
supraconducteur Pr2-xCexCuO4 (PCCO).

Un champ magnétique de 15 T nous permet d’obtenir le signal dû aux quasiparticules de l’état normal, Nqp, et ainsi d’extraire le signal dû aux fluctuations supraconductrices, Nsc, détecté à des températures jusqu’à deux fois la température critique Tc.

En fonction du champ H, Nsc montre un maximum à H*, dont la dépendance en température suit la relation Hc2* ln(T / Tc), comme dans le supraconducteur conventionnel NbSi.

La dépendance en dopage du champ caractéristique Hc2* – étroitement lié au champ magnétique critique Hc2 – montre un dôme comme Tc, révélant que la supraconductivité est affaiblie en-dessous du point critique quantique où la surface de Fermi est reconstruite. À tous les dopages, nos données sont en accord quantitatif avec la théorie des fluctuations gaussiennes.

Tout ceci démontre que si Tc chute du côté sous-dopé, ce n’est pas à cause des fluctuations dans la phase du paramètre d’ordre supraconducteur, mais plutôt à cause de la compétition venant d’un autre ordre, probablement anti-ferromagnétique.

Le comportement de Nsc observé dans le cuprate PCCO dopé aux électrons est très semblable à celui observé dans le cuprate (La,Eu)2-xSrxCuO4 (Eu-LSCO) dopés aux trous, ce qui indique que nos conclusions s’appliquent fort probablement à tous les cuprates
supraconducteurs.