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Stradivarius : la part du mythe - Claudia Fritz

Institut d’Alembert, Sorbonne Université / CNRS


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ID de réunion : 827 8827 5506
Code secret : K4Useq

Résumé :
Les vieux violons italiens du 18ème siècle sont si réputés que Stradivarius est entré dans le langage courant. Qui n’a jamais entendu parler de ce luthier crémonais et du prix astronomique qu’atteignent ses instruments lors de ventes aux enchères très médiatisées ? Les musiciens sont intarissables à leur égard, et considèrent que la supériorité d’un grand nombre d’entre eux reste inégalée. Pourtant, de nombreux tests d’écoute en aveugle menés depuis le début du 20ième siècle ont montré une préférence pour les violons neufs. Ces tests n’ont cependant souvent pas été pris au sérieux, car trop informels, pas assez rigoureux, et réalisés en situation d’écoute or qui peut mieux juger que les violonistes eux-mêmes ?
Une série d’expériences scientifiques impliquant des tests de jeu et d’écoute en aveugle, durant lesquels des vieux violons italiens et des violons neufs a été mise en place par une équipe de scientifiques, luthiers et musiciens. Il s’agissait de savoir si, alors que l’identité des violons n’était pas divulguée, les vieux violons étaient vraiment préférés et pouvaient être distingués de leurs homologues récents. Les résultats parlent d’eux-mêmes.
Des projets plus récents, cherchant à corréler le contrôle gestuel (mesuré par capture du mouvement) et la perception des musiciens ou bien les paramètres de lutherie et les qualités perçues seront également brièvement présentés pour illustrer la diversité des études réalisées sur les instruments à cordes frottées, aux retombées importantes pour les luthiers et les interprètes.

Biographie :
Ancienne élève de l’École normale supérieure de Lyon, Claudia Fritz a réalisé son doctorat en acoustique musicale - en cotutelle avec l’Australie - sur l’interaction entre le conduit vocal du musicien et la clarinette. Après un post-doctorat de trois ans à l’Université de Cambridge sur l’acoustique du violon, elle est recrutée au CNRS en 2009, à l’Institut Jean-Le-Rond-d’Alembert au sein de Sorbonne Université. Elle s’intéresse aux qualités perçues (par les musiciens) des instruments de musique, et à comment corréler ces qualités avec des propriétés de lutherie et des propriétés vibro-acoustiques mesurées en laboratoire. Elle cherche aussi à faire le lien entre perception et contrôle gestuel des musiciens. Elle collabore ainsi de manière étroite avec des luthiers et des musiciens. Ses travaux portent principalement sur les cordes frottées (ses études comparatives entre des Stradivarius et des violons neufs ont eu des retombées médiatiques importantes à travers le monde) mais aussi, plus récemment, sur la guitare et la flûte traversière baroque. Elle a aussi appliqué ses compétences en tests perceptifs au sein du projet européen RUMBLE, pour étudier l’influence du boom supersonique réduit (que produirait les avions supersoniques du futur, d’après la théorie) sur les humains. Elle a obtenu la médaille de bronze du CNRS en 2016.

Agenda

séminaire

  • Mardi 2 mars 13:30-15:00 -

    Stradivarius : la part du mythe - Claudia Fritz

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